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Interdire aux citoyens d’utiliser une voiture diesel à partir de 2030 puis essence à partir de 2035, c’est allier simplisme et cynisme

Le sujet de la mobilité est au cœur des enjeux électoraux en Région de BruxellesCapitale.

Mais, paradoxalement, alors que la ville peine à sortir de sa plus grande crise depuis cinquante ans le message envoyé par la Région est?: «?Bannissons le diesel puis l’essence?». Donc le moteur thermique.

«?Pour répondre aux besoins du consommateur et aux objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat, l’industrie automobile poursuit une stratégie reposant sur trois piliers en matière de motorisation?: elle est axée sur le mélange de motorisations électriques avec batterie ou pile à combustible, de toujours plus nombreux moteurs hybrides permettant la conduite zéro émission en agglomération, mais également de moteurs thermiques haute technologie à haut rendement capables de fonctionner avec les futurs carburants synthétiques zéro émissions nettes de carbone » fait valoir Philippe Dehennin, le président de FEBIAC.

«?Prendre une telle décision témoigne une réelle méconnaissance du secteur automobile. Plutôt que d’interdire, nous attendons du gouvernement bruxellois qu’il mette en application des alternatives concrètes pouvant favoriser l’électromobilité à Bruxelles, tel que le développement d’un réseau de bornes de recharge efficace qui passera inévitablement par une modernisation urgente du réseau électrique bruxellois. Sur ce point, Bruxelles et sa région figurent très nettement parmi les mauvais élèves européens. Notre secteur accélère la mise à la route de véhicules et de services de mobilité attrayants et individuels pour le consommateur tout en poursuivant les objectifs de durabilité requis par l’accord de Paris. Cette interdiction est simpliste dès lors que l’on ne connaît encore rien des progrès dont va bénéficier le moteur thermique haute technologie à haut rendement ni des carburants synthétiques zéro émission nette de carbone qui permettront de le faire fonctionner?» poursuit Andreas Cremer, l’administrateur délégué de Febiac.

«?Ces menaces n’ont d’autre effet que celui de contraindre un nombre important d’automobilistes pour qui la voiture essence ou diesel est adaptée à leurs besoins quotidiens. Nous plaidons pour garantir à tout un chacun un libre choix de sa propre mobilité, dont la voiture fait partie intégrante », explique Didier Perwez, président de Traxio, la Confédération du commerce et de la réparation automobile.

Stefan Delaet, président de Renta, la fédération des loueurs de véhicules qui fournissent les voitures de société?aux entreprises: «Nous soutenons pleinement la transition vers une mobilité sans émissions. Non seulement la nouvelle législation fédérale sur l'écologisation des voitures de société, mais aussi l’offre de modèles offerte par les constructeurs feront en sorte que d'ici 2030, la quasitotalité du parc de voitures de société sera électrique. Grâce au développement rapide d'alternatives telles que le vélo de location et le budget mobilité, le nombre de kilomètres sans émissions va de toute façon augmenter dans les années à venir. Nous craignons toutefois qu'en introduisant une interdiction abrupte des systèmes de propulsion conventionnels, ce soit surtout le particulier qui soit touché. Rien ne garantit qu'il y aura une offre suffisante et abordable de véhicules à émissions zéro (d'occasion et neufs) pour les particuliers d'ici 2030. En conséquence, la mobilité individuelle motorisée risque d'être réservée à ceux qui en ont encore les moyens. Nous demandons également au gouvernement bruxellois de s'atteler immédiatement à la mise en place d'une infrastructure de recharge suffisante, accessible au public et d'un réseau de distribution capable de soutenir cette transition, faute de quoi l'électrification du parc automobile des entreprises sera également retardée.»

Plus d’informations sur www.mobia.be

Depuis le 14 février 2021, les fédérations de mobilité Febiac, Renta et Traxio travaillent ensemble sous le nom de "Mobia". Les trois partenaires représentent 10 000 entreprises, 160 000 employés et 2,6 % du PIB belge.

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