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Que 2020 soit un nouveau départ

La Fédération belge et luxembourgeoise de l’automobile et du cycle (FEBIAC) a tenu ce mercredi son Assemblée Générale annuelle. Un événement mis en place par voie digitale et qui a été rehaussé par les interventions de Mr. Philippe Mersch (Président de FEDAMO – Grand-Duché de Luxembourg), Mr. Steven van Eijck (Président de la RAI Vereniging – Pays-Bas) et Mr. Eric-Marc Huitema (CEO de l’ACEA, l’Association des constructeurs européens d'automobiles).

Président de FEBIAC, Philippe Dehennin a introduit cet événement en prononçant un discours dont nous vous proposons de retrouver ci-dessous les principaux extraits :

… les multiples défis du secteur…

« Nos objectifs de développement durable répondent à toutes les questions aujourd’hui sur la table : environnementales, économiques et sociales. Nous nous accommodons d’une pression réglementaire sans précédent, d’une sensibilité environnementale à fleur de peau, de tout l’élan créé par les nouvelles façons de penser. En même temps nous faisons face à nos propres défis : glissement des marchés, complexité croissante, défis technologiques et digitaux, sécurité des chaînes d'approvisionnement, accès aux matières premières et érosion des marges. Autant de challenges externes et internes dans le contexte d'un paysage changeant de la mobilité qui -c’est la nouveauté- nous impose d’intéragir avec des opérateurs de plateformes assis sur un colossal pouvoir financier.

L'avenir sera fait d’une combinaison entre le modèle d’affaires actuel et les mobilités du futur. Traditionnellement très attachés au modèle de propriété, le Grand-Duché de Luxembourg, les PaysBas, la Belgique offrent un terreau fertile pour les solutions de mobilité innovantes. Les pays du Benelux forment une région économique intégrée et diversifiée, ont développé différents laboratoires d'innovation. L'optimisation des solutions de mobilité pour les villes représente un potentiel énorme. Enfin et surtout, l’objectif est d'offrir à l’usager une mobilité plus propre, plus sûre et plus abordable en tant que moteur d'emploi, de croissance et d'innovation économique. »

… la nécessité d’une collaboration intersectorielle et inter-fédérations…

« Notre monde complexe et dynamique exige l’établissement de partenariats. Les fédérations sont confrontées à de nombreux défis et opportunités. Ce n'est qu'ensemble que nous serons forts, en nous appuyant sur notre savoir-faire, pour construire un avenir qui va privilégier les valeurs de la durabilité. Au début de cette année, FEBIAC et sept autres grandes fédérations sectorielles en Belgique ont lancé la plateforme « mobilité à faibles émissions » avec l'objectif d'aider les pouvoirs publics à lever les obstacles pour atteindre une mobilité à zéro et à faibles émissions.

Les débats sur la mobilité, le climat et l'énergie ne se conçoivent pas indépendamment l'un de l'autre. L'automobile montre la voie avec des véhicules connectés et respectueux de l'environnement. FEBIAC ne cesse de demander aux pouvoirs publics d’effectuer leur part du travail. L’Etat fédéral et les régions piétinent dans la mise en place de solutions améliorant la fluidité du trafic. C’est un défi particulier dans les zones densément peuplées. Avec de nombreuses villes et villages, avec l’urbanisation en ruban typique à la Belgique, la mise en place d’une mobilité fluide ne se conçoit qu’à travers la coopération, exercice difficile dans un pays où on oppose les territoires parfois même au sein d’une même ville !

A travers l'exploitation des technologies de l'information et de la communication, notre pays doit adopter une gouvernance collaborative, responsable, de la mobilité. »

… l’infrastructure connectée en Belgique et à Bruxelles…

« Pourquoi n'y a-t-il pas encore d'infrastructure connectée en Belgique ? Je pose la question. À l'exception d'Anvers, le pays reste désespérément à la traîne en matière de mobilité intelligente. La mobilité intelligente, c'est bien dans cette direction qu’il faut développer nos infrastructures. Nous entendez-vous, Bruxelles ?

Depuis des années, les politiques de mobilité en Région Bruxelles-Capitale n’ont donné aucun résultat probant en matière de rendement pour les déplacements. Les décisions en matière de mobilité s’y prennent sans aucune consultation des parties prenantes. On y polarise le discours entre deux logiques, « une ville pour la voiture » et une ville pour les gens ». On y restreint toujours davantage la voirie, on y supprime toujours davantage de stationnement en surface sans analyse préalable de l’impact sur l’environnement et la nécessaire efficacité des flux de personnes et de marchandises. On y réalise l’exploit de créer plus d’embouteillages avec moins de véhicules ! C’est surréaliste.

De là ma question : êtes-vous prêt ou non, Bruxelles, en échange d’engagements de notre part comme de la part de tous les fournisseurs de solutions innovantes et notamment celles favorisant le report modal, à conclure un Green Deal équilibré? Comprenant un plan crédible de gestion de la fluidité - alliant voiture, vélo et transports publics-, de gestion du stationnement, enfin du déploiement de bornes de recharge publiques et en résidentiel collectif ? J'aimerais vous entendre sur le sujet !

La 5G vous offre l’opportunité de piloter à toute heure du jour l’utilisation du réseau routier et des transports publics. Avec le parking comme variable d’ajustement. Avec la 5G, vous favoriserez la sécurité routière, l'accessibilité des commerces et des entreprises, la fluidité du trafic, le niveau des taux d'émissions. En bref : vous aurez une économie à la fois plus prospère et plus verte dans le respect des attentes de tous les citoyens, bruxellois et navetteurs.

La mobilité intelligente exige une approche intégrale. C'est la seule façon de se débarrasser des « kilomètres inutiles ». Et nous - secteur automobile - veillons à ce que les kilomètres encore parcourus soient aussi peu polluants que possible, y compris les kilomètres nécessaires aux opérations de chargement et de déchargement ainsi que les kilomètres indispensables pour ravitailler les chantiers de construction.

Pour la gestion de la mobilité, pourquoi ne pas faire appel simultanément à de grands centres de connaissances étrangers, ayant fait leurs preuves, et à la puissance créative de jeunes esprits ? En favorisant le partage des données et donc des flux de transport efficaces, vous assurerez que la capitale de l'Europe, de la Belgique, et de la Flandre, soit à la fois prospère, agréable et accessible. »

… la crise sanitaire…

« Nous venons de vivre une crise sanitaire inédite. Nous traversons une crise économique sans précédent par sa forme et son intensité. Nous sortons de trois mois de confinement pendant lesquels tout le commerce et l’industrie se sont trouvés sur le flanc. Les dégâts sont considérables.

Indépendamment de cette crise qu’il nous faut conjurer, nous figurons déjà à la veille de bouleversements comme jamais l’automobile n’en a connu depuis son invention.

Nous avons connu de nombreuses crises, nous les avons surmontées. Nous avons connu des cycles, nous les avons traversés.

Mais ce qui nous attend maintenant c’est le nombre de disruptions qui, sur fond de crise, frappent concomitamment la filière automobile :

  • Disruption technologique avec l’électrification et l’arrivée plus à terme du véhicule autonome qui va révolutionner le rapport à l’automobile.
  • Disruption digitale avec le véhicule connecté et tout l’éventail des services à la clientèle qui va se construire autour de la voiture.
  • Disruption sociétale avec l’agenda vert et l’évolution des attentes en matière de mobilité.

C’est la raison pour laquelle FEBIAC, Traxio et Renta ont décidé d’additionner leurs forces en Belgique à l’instar de ce qu’a fait la House of Automobile Luxembourgeoise qui réunit FEBIAC, Fedamo et Mobiz.

Entre Traxio, Renta et FEBIAC nous ne sommes pas en train de fusionner nos structures mais nous souhaitons nous coordonner toujours mieux et davantage et mutualiser nos ressources là où nous pouvons être plus efficaces. Notre ambition, en représentant toute la filière est d’être représentatifs, audibles, avec un discours clair et cohérent.

Faire comprendre que ce sont les entreprises de notre filière qui sont aujourd’hui déjà apporteuses de solutions en matière d’innovation, de nouvelles technologies pour permettre l’atteinte des objectifs sociétaux.

Faire comprendre aux responsables publics dont certains sont complètement sourds à nos arguments, que nous représentons toute une filière d’excellence, une des premières en matière d’innovation, d’emploi, de présence industrielle en Belgique et que, conscients des enjeux, nous comptons bien gérer ensemble -nous Traxio, Renta et Febiac- la transition que nous demandent les citoyens et les entreprises vers les mobilités du futur. Pour franchir les obstacles, acteurs publics et privés vont devoir se donner la main.

Pour que la mobilité fluide, accessible et durable soit l’exigence numéro 1 portée au quotidien, nous avons besoin des connaissances, des investissements et de l'enthousiasme de tous.

Inspirons-nous de la vitesse à laquelle avancent l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, le Grand-Duché de Luxembourg dans la mise en place des nouvelles mobilités.

Ainsi je forme le vœu pour que le futur gouvernement fédéral belge de plein exercice, quelle qu’en soit la composition, et les régions se tournent vers l’avenir, écoutent Febiac, Traxio et Renta, et consacrent à la mobilité intelligente la place qui lui revient pour revitaliser l’économie. Je m’en réjouis déjà. Que 2020 soit un nouveau départ. »

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Rapport Annuel 2020

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